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  • La guinguette à deux sous

    La Guinguette à deux sous

    7,40 €

    Une fin d’après-midi radieuse. Un soleil presque sirupeux dans les rues paisibles de la Rive Gauche. Et partout, sur les visages, dans les mille bruits familiers de la rue, de la joie de vivre.
    Il y a des jours ainsi, où l’existence est moins quotidienne et où les passants, sur les trottoirs, les tramways et les autos semblent jouer leur rôle dans une féerie.
    C’était le 27 juin. Quand Maigret arriva à la poterne de la Santé, le factionnaire attendri regardait un petit chat blanc qui jouait avec le chien de la crémière.
    Il doit y avoir des jours aussi où les pavés sont plus sonores. Les pas de Maigret résonnèrent dans la cour immense. Au bout d’un couloir, il interrogea un gardien.
    – Il a appris ?…
    – Pas encore.
    Un tour de clef. Un verrou. Une cellule très haute, très propre, et un homme qui se levait tandis que son visage semblait chercher une expression.
    – ça va, Lenoir ? questionna le commissaire.

  • la danseuse du gai moulin

    La Danseuse du Gai-Moulin

    7,40 €

    – Qui est-ce ?…
    – Je ne sais pas ! C’est la première fois qu’il vient, dit Adèle en exhalant la fumée de sa cigarette.
    Et elle décroisa paresseusement les jambes, tapota ses cheveux sur les tempes, plongea le regard dans un des miroirs tapissant la salle pour s’assurer que son maquillage n’était pas défait.
    Elle était assise sur une banquette de velours grenat, en face d’une table supportant trois verres de porto. Elle avait un jeune homme à sa gauche, un jeune homme à droite.
    – Vous permettez, mes petits ?…
    Elle leur adressa un sourire gentil, confidentiel, se leva et, balançant les hanches, traversa la salle pour s’approcher de la table du nouvel arrivant.
    Les quatre musiciens du jour, sur un signe du patron, ajoutaient leur voix à celle des instruments. Un seul couple dansait : une femme attachée à la maison et le danseur professionnel.

  • Le relais d'Alsace

    Le Relais d’Alsace

    6,90 €

    Gredel et Lena, les deux servantes si pareilles avec leurs cheveux ébouriffés et leur visage de poupée, dressaient les couverts sur six tables, les plus proches du comptoir, posaient sur la nappe à petits carreaux rouges les verres de couleur, à long pied, destinés au vin d’Alsace.
    Accoudée à la caisse, Mme Keller chuchotait et son mari l’écoutait, debout, en se balançant un peu sur sa béquille. Ils employaient entre eux le patoisalsacien.
    « C’est bien entendu ? Je lui parle ? » disait Mme Keller, qui tenait par habitude un crayon à la main.

  • Texte indicatif

    La Tête d’un homme

    Quand une cloche, quelque part, sonna deux coups, le prisonnier était assis sur son lit et deux grandes mains noueuses étreignaient ses genoux repliés.
    L’espace d’une minute peut-être il resta immobile, comme en suspens, puis soudain, avec un soupir, il étendit ses membres, se dressa dans la cellule, énorme, dégingandé, la tête trop grosse, les bras trop longs, la poitrine creuse.
    Son visage n’exprimait rien, sinon l’hébétude, ou encore une indifférence inhumaine. Et pourtant, avant de se diriger vers la porte au judas fermé, il tendit le poing dans la direction d’un des murs

  • Au rendez-vous des Terre-Neuvas

    Au rendez-vous des Terre-Neuvas

    7,40 €

    Alerté par un ami, Maigret enquête sur la mort d’Octave Fallut, capitaine de chalutier, étranglé et jeté dans le port de Fécamp. On accuse (à tort, semble-t-il) le télégraphiste Le Clinche, qu’on a vu rôder autour du bateau.
    Maigret découvre que lors de sa dernière campagne de pêche, Fallut dissimulait à bord sa maîtresse, Adèle. Il soupçonne un drame de la jalousie, Le Clinche ayant eu avec elle, au cours de l’expédition, des rapports intimes. De confrontation en conversation, à sa manière intuitive, le policier finit par reconstituer le véritable drame, lié à la noyade en mer de Jean-Marie, le jeune mousse. Ce dernier menaçait de révéler à l’équipage la présence d’Adèle, et Fallut l’a tué involontairement en se battant avec lui. Au retour, Le Clinche a avoué la vérité au père du jeune garçon, qui a tué le capitaine. Les moeurs rudes des marins, le décor portuaire, offrent au romancier une de ces ambiances incertaines et sombres qu’il affectionne.

  • Un crime en Hollande

    Un crime en Hollande

    7,40 €

    Quand Maigret arriva à Delfzijl, une après-midi de mai, il n’avait sur l’affaire qui l’appelait dans cette petite ville plantée à l’extrême nord de la Hollande que des notions élémentaires. Un certain Jean Duclos, professeur à l’université de Nancy, faisait une tournée de conférences dans les pays du Nord. A Delfzijl, il était l’hôte d’un professeur à l’Ecole navale, M. Popinga. Or, M. Popinga était assassiné et, si l’on n’accusait pas formellement le professeur français, on le priait néanmoins de ne pas quitter la ville et de se tenir à la disposition des autorités néerlandaises.
    C’était tout, ou à peu près. Jean Duclos avait alerté l’université de Nancy, qui avait obtenu qu’un membre de la Police Judiciaire fût envoyé en mission à Delfzijl.
    La tâche incombait à Maigret. Tâche plus officieuse qu’officielle et qu’il avait rendue moins officielle encore en omettant d’avertir ses collègues hollandais de son arrivée. Par les soins de Jean Duclos, il avait reçu un rapport assez confus, suivi d’une liste des noms de ceux qui étaient mêlés de près ou de loin à cette histoire.
    Ce fut cette liste qu’il consulta un peu avant d’arriver en gare de Delfzijl.

  • La nuit du carrefour

    La Nuit du carrefour

    7,40 €

    Quand Maigret, avec un soupir de lassitude, écarta sa chaise du bureau auquel il était accoudé, il y avait exactement dix-sept heures que durait l’interrogatoire de Carl Andersen. On avait vu tour à tour, par les fenêtres sans rideaux, la foule des midinettes et des employés prendre d’assaut, à l’heure de midi, les crémeries de la place Saint-Michel, puis l’animation faiblir, la ruée de six heures vers les métros et les gares, la flânerie de l’apéritif… La Seine s’était enveloppée de buée. Un dernier remorqueur était passé, avec feux verts et rouges, traînant trois péniches. Dernier autobus. Dernier métro. Le cinéma dont on fermait les grilles après avoir rentré les panneaux-réclame… Et le poêle qui semblait ronfler plus fort dans le bureau de Maigret. Sur la table, il y avait des demis vides, des restes de sandwiches.

  • Pietr le Letton

    Pietr le Letton

    7,40 €

    Le commissaire Maigret, de la 1re Brigade mobile, leva la tête, eut l’impressionque le ronflement du poêle de fonte planté au milieu de son bureau et relié au plafond par un gros tuyau noir faiblissait. II repoussa le télégramme, se leva pesamment, régla la clef et jeta trois pelletées de charbon dans le foyer.
    Après quoi, debout, le dos au feu, il bourra une pipe, tirailla son faux col, qui, quoique très bas, le gênait. lI regarda sa montre, qui marquait quatre heures. Son veston pendait à un crochet planté derrière la porte. Il évolua lentement vers son bureau, relut le télégramme et traduisit à mi-voix : «Commission internationale de Police criminelle à Sûreté générale, Paris : Police Cracovie signale passage et départ pour Brême de Pietr le Letton.»

  • Le chien jaune

    Le Chien jaune

    7,40 €

    Vendredi 7 novembre. Concarneau est désert. L’horloge lumineuse de la vieille ville, qu’on aperçoit au-dessus des remparts, marque onze heures moins cinq.

    C’est le plein de la marée et une tempête du sud-ouest fait s’entrechoquer les barques dans le port. Le vent s’engouffre dans les rues, où l’on voit parfois des bouts de papier filer à toute allure au ras du sol.

    Quai de l’Aiguillon, il n’y a pas une lumière. Tout est fermé. Tout le monde dort. Seules les trois fenêtres de l’hôtel de l’Amiral, à l’angle de la place et du quai, sont encore éclairées…

  • Le charretier de la providence

    Le Charretier de la Providence

    6,90 €

    Des faits le plus minutieusement reconstitués, il ne dégageait rien, sinon que la découverte des deux charretiers de Dizy était pour ainsi dire impossible.
    Le dimanche – c’était le 4 avril -, la pluie s’était mise à tomber à verse dès trois heures de l’après-midi.
    A ce moment, il y avait dans le port, au-dessus de l’écluse 14, qui fait la jonction entre la Marne et le canal latéral, deux péniches à moteur avalantes, un bateau de déchargement et une vidange.
    Un peu avant sept heures, alors que commençait le crépuscule, un bateau-citerne, I’Eco-III, s’était annoncé et avait pénétré dans le sas.

  • Le pendu de Saint-Pholien

    Le Pendu de Saint-Pholien

    7,40 €

    Personne ne s’aperçut de ce qui se passait. Personne ne se douta que c’était un drame qui se jouait dans la salle d’attente de la petite gare où six voyageurs seulement attendaient, l’air morne, dans une odeur de café, de bière et de limonade.

    Il était cinq heures de l’après-midi et la nuit tombait. Les lampes avaient été allumées mais, à travers les vitres, on distinguait encore dans la grisaille du quai les fonctionnaires allemands et hollandais, de la douane et du chemin de fer, qui battaient la semelle. Car la gare de Neuschanz est plantée à l’extrême nord de la Hollande, sur la frontière allemande. Une gare sans importance. Neuschanz est à peine un village.

    Aucune grande ligne ne passe par là. Il n’y a guère de trains que le matin et le soir, pour les ouvriers allemands qui, attirés par les gros salaires, travaillent dans les usines des Pays-Bas. Et la même cérémonie se reproduit chaque fois. Le train allemand s’arrête à un bout du quai. Le train hollandais attend à l’autre bout.