Depuis seize ans, Georges Célerin est associé à son ami Brassier dans une entreprise de bijouterie : le premier dessine les bijoux et dirige l’atelier, le second s’occupe des commandes et de la vente. Célerin vit en parfaite harmonie avec sa femme Annette, leurs deux enfants et ses collaborateurs. Un accident stupide va changer la destinée de cet homme heureux : Annette, qui travaille comme assistante sociale dans le quartier de la Bastille, se fait écraser par un camion en traversant la rue Washington, dans un quartier où, apparemment, elle n’avait rien à faire. Après ce coup terrible, Célerin n’est plus le même homme. Sur les traces de la morte, il cherche à savoir ce qui s’est passé. Son enquête lui apprend qu’Annette sortait d’un immeuble où un appartement, loué au nom de Jean-Paul Brassier, abritait leurs rendez-vous trois fois par semaine, et cela depuis dix-huit ans. Il ne reste plus à Célerin qu’à demander à Brassier l’entrevue douloureuse qui mettra fin, dignement, à leurs relations.
C’est commode, un indicateur qui vous téléphone, et vous désigne nommément l’assassin que vous cherchez… C’est commode, mais cela n’efface pas toutes les questions. D’abord, pourquoi la Puce – c’est le surnom de ce petit homme, ancien chasseur de cabaret, guère pris au sérieux dans le monde des truands – est-il pressé de coffrer Manuel Mori ? Le fait que ce dernier soit depuis trois ans l’amant de Line Marcia, l’épouse de la victime, est-il une des causes de l’assassinat ? Les uns et les autres ont-ils quelque chose à voir avec le « gang des châteaux », spécialisé dans le pillage de propriétés isolées ?
Le bruit saccadé de la machine à écrire le réveilla et il vit, comme d’habitude, les draps pâles du lit de sa femme de l’autre côté de la table de nuit. Qui avait décidé qu’il y aurait des lits jumeaux ? Après dix-huit ans, il n’aurait pu le dire avec certitude. D’ailleurs, les événements de cette époque-là étaient confus et, pour des raisons qu’il n’essayait pas de démêler, il préférait les chasser de sa mémoire. C’était probablement elle. Et il n’avait pas protesté. Il ne protestait jamais. En définitive, il ne leur était pas arrivé une seule fois de dormir ensemble.
Il n’était que neuf heures du matin et il faisait déjà chaud. Maigret, qui avait tombé la veste, dépouillait paresseusement son courrier en jetant parfois un coup d’oeil par la fenêtre, et le feuillage des arbres du quai des Orfèvres n’avait pas un frémissement, la Seine était plate et lisse comme de la soie. On était en août. Lucas, Lapointe et une bonne moitié des inspecteurs étaient en vacances. Janvier et Torrence avaient pris les leurs en juillet et Maigret comptait passer une bonne partie de septembre dans sa maison de Meung-sur-Loire qui ressemblait à un presbytère.
A dix-huit ans, lasse d’une famille dont elle se sent totalement incomprise, Odile décide de quitter Lausanne pour Paris. La lettre laissée à son frère indique clairement qu’elle songe au suicide.
Aussitôt, ce dernier gagne la capitale française, inquiet pour cette jeune soeur qu’il sait mal dans sa peau, indifférente à son avenir, déjà blasée d’expériences amoureuses qui ne lui ont rien apporté.
C’est dans le quartier de Saint-Germain que nous retrouvons l’errante Odile, dans cet état où tout peut arriver, les rencontres qui sauvent, aussi bien que le pire…
La police n’en finirait pas, si elle devait tout prendre au sérieux. Par exemple, les craintes de cette vieille dame, à l’évidence un peu dérangée, qui prétend être suivie et ajoute que des objets bougent chez elle… Pourtant, Léontine de Caramé est bel et bien retrouvée assassinée dans son appartement.
Maigret doit-il soupçonner Angèle, qui ne fréquentait guère sa vieille tante que dans l’espoir de toucher l’héritage ? Y a-t-il un lien entre cette affaire et le subit départ pour Toulon du Grand Marcel, barman bien connu de la police et amant d’Angèle ?
Il n’y avait pas d’argent chez Léontine lorsqu’elle a été tuée. Mais les tiroirs des vieilles dames renferment parfois des secrets autrement surprenants…
Il arrêta le camion plein de paniers de moules en face du bistrot où l’on lisait, sur la façade, les mots Chez Mimile en lettres jaunes. Par l’autre portière, Doudou le Muet descendit en même temps que lui et le suivit sans bruit, comme sans déplacer d’air, pieds nus, les jambes du pantalon de toile bleue haut troussées, comme d’habitude.
Quand j’étais vieux est un récit autobiographique, un peu à part dans l’oeuvre de Simenon, il ne fait par exemple pas partie des dictées, mais est composé de journaux écrits par Simenon
En sortant d’une maison de rendez-vous où il était allé en compagnie de sa secrétaire, Oscar Chabut est assassiné. Enquêtant auprès de sa famille et de son nombreux personnel, Maigret découvre la personnalité de la victime. Après des débuts difficiles, Chabut est parvenu, grâce à un travail opiniâtre, à créer et diriger une entreprise commerciale considérable et florissante. Resté néanmoins timide, il avait besoin, pour croire en lui-même, de dominer, mépriser et humilier autrui.
Antoine Batille a-t-il payé de sa vie – sept coups de couteau – sa curieuse habitude d’enregistrer au magnétophone les conversations d’inconnus ? De fait, l’écoute de la dernière bande livre très vite à la police une équipe de voleurs de tableaux.
Mais pourquoi l’assassin n’a-t-il pas dérobé cet enregistrement compromettant ? Et quel est l’inconnu qui téléphone à Maigret, indigné que les journaux accusent les trafiquants de ce meurtre ?
C’est chez lui, boulevard Richard-Lenoir, que le commissaire Maigret entendra la confession de l’assassin. Une confession à la fois pathétique et dérisoire, qui lui révèle le drame de toute une vie…
Dans la grisaille de l’existence qu’ils vivent en banlieue, les membres de la famille Le Cloanec se côtoient, mais ne se parlent guère. La mère est alcoolique, le père, indifférent et lointain ; le frère et la sœur ont chacun leurs occupations précises et leur vie à part. Une bonne récemment engagée va jeter le trouble dans la maison. Devenue la maîtresse du jeune Olivier, qui en est très épris, Manuela éveille les désirs du père Le Cloanec auquel elle accordera également ses faveurs.
Étais-je, ce matin-là, plus ou moins heureux que les autres jours ? Je n’en sais rien et le mot bonheur n’a plus beaucoup de sens pour un homme de soixante-quatorze ans. En tout cas, la date reste dans ma mémoire : le 15 septembre. Un mardi. À six heures vingt-cinq, Mme Daven, que j’appelle la gouvernante, est entrée sans bruit, sans remuer d’air, et a posé ma tasse de café sur la table de nuit avant de se diriger vers la fenêtre et de tirer les rideaux. J’ai vu tout de suite qu’il n’y avait pas de soleil, que l’air était brumeux, qu’il pleuvait peut-être.
C’est sans réel plaisir que Maigret voit ressurgir Léon Florentin, son ancien condisciple au lycée Banville, à Moulins, qu’il n’a jamais particulièrement estimé. Quant à l’affaire que lui apporte celui-ci, elle n’est guère ragoûtante non plus : l’assassinat d’une certaine Joséphine Papet, dite Josée, maîtresse de Florentin et de plusieurs autres messieurs d’âge mûr qui lui procurent de quoi vivre, au nombre desquels un haut fonctionnaire, un industriel de Rouen, un Bordelais négociant en vins… Florentin est-il antiquaire, comme il le prétend ? Que font dans son logis du boulevard Rochechouard les économies de Josée ? Faut-il croire qu’il a réellement voulu se suicider en se jetant dans la Seine ? Il y a vraiment des gens qui vous font douter de tout… Entre Montmartre et Notre-Dame-de-Lorette, Maigret débrouille un à un les fils d’une énigme où la respectabilité dissimule la médiocrité, voire le sordide.
J’étais assis sur le banc, dans la grange. Non seulement j’avais conscience d’être là, devant la porte déglinguée qui, à chaque battement, laissait s’engouffrer une rafale de vent et de neige, mais je me voyais aussi nettement que dans un miroir, me rendant compte de l’incongruité de ma position. Le banc était un banc de jardin peint en rouge. Nous en avions trois, que nous rentrions pour l’hiver, avec la tondeuse à gazon, les instruments de jardinage et les moustiquaires des fenêtres.
Averti par lettre anonyme qu’un meurtre se prépare au domicile de l’avocat Emile Parendon, Maigret obtient de ce dernier l’autorisation de séjourner chez lui. Avec son inépuisable et patiente curiosité envers les êtres, le taciturne commissaire comprend vite tout ce qui sépare l’avocat, physiquement disgracié mais prodigieusement brillant, passionné par le thème de la responsabilité du criminel, et sa femme, grande-bourgeoise éprise de mondanités, qui ne l’empêche plus de chercher un réconfort affectif et moral auprès d’Antoinette, sa secrétaire.
Mais qui va tuer qui ? La présence de Maigret suffira-t-elle à conjurer le drame ?
Combien de mois, d’années, faut-il pour faire d’un enfant un adolescent, d’un adolescent un homme ? À quel moment peut-on affirmer que cette mutation a eu lieu ? Il n’existe pas, comme pour les études, de proclamation solennelle, pas de distribution de prix, pas de diplôme.
Alain Poitaud, à trente-deux ans, ne mit que quelques heures, peut-être quelques minutes, pour cesser d’être l’homme qu’il avait été jusqu’alors et pour en devenir un autre.