Romans durs

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  • Lettre à ma mère

    Lettre à ma mère

    7,40 

    Voilà trois ans et demi environ que tu es morte à l’âge de quatre-vingt-onze ans et c’est seulement maintenant que, peut-être, je commence à te connaître. J’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans la même maison que toi, avec toi, et quand je t’ai quittée pour gagner Paris, vers l’âge de dix-neuf ans, tu restais encore pour moi une étrangère. D’ailleurs, je ne t’ai jamais appelée maman mais je t’appelais mère, comme je n’appelais pas mon père papa. Pourquoi ? D’où est venu cet usage ? Je l’ignore.

  • Les innocents

    Les Innocents

    7,40 

    Depuis seize ans, Georges Célerin est associé à son ami Brassier dans une entreprise de bijouterie : le premier dessine les bijoux et dirige l’atelier, le second s’occupe des commandes et de la vente. Célerin vit en parfaite harmonie avec sa femme Annette, leurs deux enfants et ses collaborateurs. Un accident stupide va changer la destinée de cet homme heureux : Annette, qui travaille comme assistante sociale dans le quartier de la Bastille, se fait écraser par un camion en traversant la rue Washington, dans un quartier où, apparemment, elle n’avait rien à faire. Après ce coup terrible, Célerin n’est plus le même homme. Sur les traces de la morte, il cherche à savoir ce qui s’est passé. Son enquête lui apprend qu’Annette sortait d’un immeuble où un appartement, loué au nom de Jean-Paul Brassier, abritait leurs rendez-vous trois fois par semaine, et cela depuis dix-huit ans. Il ne reste plus à Célerin qu’à demander à Brassier l’entrevue douloureuse qui mettra fin, dignement, à leurs relations.

  • La cage de verre

    La cage de verre

    6,20 

    Le bruit saccadé de la machine à écrire le réveilla et il vit, comme d’habitude, les draps pâles du lit de sa femme de l’autre côté de la table de nuit. Qui avait décidé qu’il y aurait des lits jumeaux ? Après dix-huit ans, il n’aurait pu le dire avec certitude. D’ailleurs, les événements de cette époque-là étaient confus et, pour des raisons qu’il n’essayait pas de démêler, il préférait les chasser de sa mémoire. C’était probablement elle. Et il n’avait pas protesté. Il ne protestait jamais. En définitive, il ne leur était pas arrivé une seule fois de dormir ensemble.

  • La disparition d'Odile

    La disparition d’Odile

    6,90 

    A dix-huit ans, lasse d’une famille dont elle se sent totalement incomprise, Odile décide de quitter Lausanne pour Paris. La lettre laissée à son frère indique clairement qu’elle songe au suicide.
    Aussitôt, ce dernier gagne la capitale française, inquiet pour cette jeune soeur qu’il sait mal dans sa peau, indifférente à son avenir, déjà blasée d’expériences amoureuses qui ne lui ont rien apporté.
    C’est dans le quartier de Saint-Germain que nous retrouvons l’errante Odile, dans cet état où tout peut arriver, les rencontres qui sauvent, aussi bien que le pire…

  • Le riche homme

    Le roche homme

    6,90 

    Il arrêta le camion plein de paniers de moules en face du bistrot où l’on lisait, sur la façade, les mots Chez Mimile en lettres jaunes. Par l’autre portière, Doudou le Muet descendit en même temps que lui et le suivit sans bruit, comme sans déplacer d’air, pieds nus, les jambes du pantalon de toile bleue haut troussées, comme d’habitude.

  • Novembre

    Novembre

    6,20 

    Dans la grisaille de l’existence qu’ils vivent en banlieue, les membres de la famille Le Cloanec se côtoient, mais ne se parlent guère. La mère est alcoolique, le père, indifférent et lointain ; le frère et la sœur ont chacun leurs occupations précises et leur vie à part. Une bonne récemment engagée va jeter le trouble dans la maison. Devenue la maîtresse du jeune Olivier, qui en est très épris, Manuela éveille les désirs du père Le Cloanec auquel elle accordera également ses faveurs.

  • Il y a encore des noisetiers

    l y a encore des noisetiers

    6,20 

    Étais-je, ce matin-là, plus ou moins heureux que les autres jours ? Je n’en sais rien et le mot bonheur n’a plus beaucoup de sens pour un homme de soixante-quatorze ans. En tout cas, la date reste dans ma mémoire : le 15 septembre. Un mardi. À six heures vingt-cinq, Mme Daven, que j’appelle la gouvernante, est entrée sans bruit, sans remuer d’air, et a posé ma tasse de café sur la table de nuit avant de se diriger vers la fenêtre et de tirer les rideaux. J’ai vu tout de suite qu’il n’y avait pas de soleil, que l’air était brumeux, qu’il pleuvait peut-être.

  • La main

    La main

    7,40 

    J’étais assis sur le banc, dans la grange. Non seulement j’avais conscience d’être là, devant la porte déglinguée qui, à chaque battement, laissait s’engouffrer une rafale de vent et de neige, mais je me voyais aussi nettement que dans un miroir, me rendant compte de l’incongruité de ma position. Le banc était un banc de jardin peint en rouge. Nous en avions trois, que nous rentrions pour l’hiver, avec la tondeuse à gazon, les instruments de jardinage et les moustiquaires des fenêtres.

  • La prison

    La prison

    7,40 

    Combien de mois, d’années, faut-il pour faire d’un enfant un adolescent, d’un adolescent un homme ? À quel moment peut-on affirmer que cette mutation a eu lieu ? Il n’existe pas, comme pour les études, de proclamation solennelle, pas de distribution de prix, pas de diplôme.

    Alain Poitaud, à trente-deux ans, ne mit que quelques heures, peut-être quelques minutes, pour cesser d’être l’homme qu’il avait été jusqu’alors et pour en devenir un autre.

  • Le déménagement

    Le déménagement

    6,90 

    C ’était la seconde nuit. Il était resté éveillé aussi longtemps qu’il avait pu, gardant longtemps les yeux ouverts. Les volets métalliques laissaient passer entre leurs lattes un peu de la lumière crue des deux lampes électriques qui éclairaient la rue, au-delà de la pelouse. Blanche dormait. Elle avait la faculté de s’endormir dès qu’elle se mettait au lit. On aurait dit qu’elle faisait son trou, comme les animaux. Elle remuait pendant quelques instants, s’enfonçait dans le matelas, s’enfouissait la tête dans l’oreiller.

  • Texte indicatif

    Le chat

    6,90 

    Il avait lâché le journal, qui s’était d’abord déployé sur ses genoux puis qui avait glissé lentement avant d’atterrir sur le parquet ciré. On aurait cru qu’il venait de s’endormir si, de temps en temps, une mince fente ne s’était dessinée entre ses paupières.
    Est-ce que sa femme était dupe ? Elle tricotait, dans son fauteuil bas, de l’autre côté du foyer. Elle n’avait jamais l’air de l’observer, mais il savait depuis longtemps que rien ne lui échappait, pas même le tressaillement à peine perceptible d’un de ses muscles.

  • La mort d'Auguste

    La mort d’Auguste

    6,20 

    De la caisse où elle était assise, sereine et vaguement souriante, Fernande avait vu entrer le couple et elle avait compris tout de suite qu’ils venaient pour la première fois. Ils étaient très jeunes tous les deux, vêtus de neuf des pieds à la tête comme de nouveaux mariés qu’ils étaient sans doute, et, la porte franchie, ils s’étaient efforcés de cacher leur surprise et leur hésitation.

  • Le confessionnal

    Le confessionnal

    7,40 

    À la suite des retrouvailles de deux anciens compagnons d’études, le dentiste Bar et le médecin Boisdieu, l’un pratiquant à Cannes et l’autre à Nice, leurs enfants ont sympathisé : André, nature solitaire, qui vit replié sur lui-même, trouve en Francine une jeune fille pure, très spontanée, issue d’un foyer uni, ce qui n’est pas le cas du sien.

  • Le train de Venise

    Le train de Venise

    7,40 

    À son retour de vacances, Justin Calmar fait une étrange rencontre dans son train. Un homme lui demande de prendre une valise et de la déposer chez une femme. Calmar découvre que la jeune femme a été assassinée et que la valise contient une fortune. Il rentre chez lui, ne sachant que faire…

  • Le petit saint

    Le petit saint

    7,40 

    Il avait entre quatre et cinq ans lorsque le monde commença à vivre autour de lui, lorsqu’il prit conscience d’une vraie scène se jouant entre des êtres humains qu’il était capable de distinguer les uns des autres, de situer dans l’espace, dans un décor déterminé. Il n’aurait pas pu préciser, plus tard, si c’était en été ou en hiver, bien qu’il eût déjà le sens des saisons. Probablement en automne, car une légère buée ternissait la fenêtre sans rideau et la lumière du bec de gaz d’en face, seule à éclairer la chambre, jaunâtre, semblait humide.

  • L'homme au petit chien

    L’homme au petit chien

    7,40 

    Pour les gens de son quartier, M. Félix est un célibataire de cinquante ans, à l’air prématurément vieilli, le plus tranquille des hommes. Pour d’autres, qui le voient passer à heure fixe en compagnie d’un drôle de caniche, il est l’homme au petit chien…