– Entendu… Entendu… Oui, monsieur… Mais oui… Mais oui… Je vous promets de faire tout mon possible. C’est cela… Je vous salue… Comment ? Je dis : je vous salue… Il n’y a pas d’offense… Bonjour, monsieur… Pour la dixième fois, sans doute, il ne les comptait plus, Maigret raccrocha le téléphone, ralluma sa pipe avec un regard de reproche à la pluie longue et froide qui tombait derrière les vitres et, saisissant sa plume, se pencha sur le rapport commencé depuis une heure et qui n’avait pas encore une demi-page.
– Tu dors ? Sylvie ne répondit pas, n’eut pas un frémissement. Elle respira seulement un peu fort, pour donner le change, mais il n’y avait pas beaucoup d’espoir que la Marie s’y laissât prendre. – Je sais que tu ne dors pas. La voix de Marie était calme, monotone, vaguement plaintive, comme la voix de certaines femmes qui ont eu des malheurs. – Tu le fais exprès de ne pas dormir, continuait elle dans l’obscurité de la chambre.
Ernestine Jussiaume, que Maigret a dû arrêter il y a dix-sept ans alors qu’elle était une prostituée connue sous le surnom de la Grande Perche, vient faire part au commissaire de ses inquiétudes au sujet de son mari. Ce dernier, Alfred le Triste, est un cambrioleur malchanceux spécialisé dans les coffres-forts. Deux jours plus tôt, il s’est introduit chez le dentiste Guillaume Serre pour le cambrioler, lorsqu’il a aperçu dans le bureau le cadavre ensanglanté d’une femme.
Adapté pour la télévision en 1974, dans une réalisation de Claude Barma, avec Jean Richard (Commissaire Maigret), Madeleine Renaud (Mme Serre), et en 1991 par Claude Goretta avec Bruno Cremer (Commissaire Maigret), Michael Lonsdale (M. Serre), Renée Faure (Mme Serre), Anne Bellec (Mme Maigret).
Maurice Dudon, un étrange personnage qui mène une vie de cloporte, est renversé par une voiture. L’homme qui la conduisait l’installe à ses frais dans une clinique. Confié à Anne-Marie, une charmante infirmière qu’il épouse, il connaît un destin nouveau.
Qui a tiré sur l’inspecteur Janvier, tandis qu’il surveillait l’immeuble de la rue Lhomond où habitait le nommé Paulus, recherché pour vol ? Afin de le savoir, Maigret recourt une fois de plus à sa bonne vieille méthode : s’immerger dans la vie quotidienne, observer, deviner, prendre son temps. Le voici installé au coeur d’un vieux Paris tranquille et quasi provincial, dans l’immeuble où règne Mlle Clément, la propriétaire, affable, optimiste et espiègle. Au reste, tous les habitants sont sympathiques, même les suspects. Ce n’est tout de même pas Mme Boursicault, l’infirme du deuxième étage, qui a pu tirer sur un policier ? La vérité va d’elle-même venir au-devant de Maigret. Et nous découvrirons une fois encore comment les vies en apparence les plus tranquilles peuvent receler bien des secrets…
Personne, à la PJ, n’a pris au sérieux l’avertissement d’Arlette, une strip-teaseuse de Pigalle, ivre de surcroît : un nommé Oscar se dispose à assassiner une comtesse – dont le nom demeure inconnu. Pas pour longtemps… On la retrouve morte étranglée… et Arlette a subi le même sort. Installé au Picratt’s, l’établissement montmartrois où travaillait la jeune femme, Maigret n’a plus qu’à observer et à questionner, dans ce milieu interlope où se côtoient filles faciles et mauvais garçons. Dans l’espoir de reconstituer la personnalité et les liens qui unissent trois personnages dont deux sont morts, et le troisième – le mystérieux Oscar – introuvable… Et nous découvrirons, de la Côte d’Azur à paris, l’inéluctable déchéance d’une femme fortunée, qui a peu à peu basculé dans un univers sordide.
Il n’était qu’un homme au volant d’une auto, par un soir de pluie glacée, dans le grouillement lumineux de Paris d’abord, puis dans les rues de banlieue, sur la grand-route enfin, où d’autres voitures passaient entre deux gerbes d’eau, et il avait vu des poteaux indicateurs, sans les lire, avant de s’enfoncer dans cette forêt immense où les sapins formaient une voûte au-dessus de lui. Il était le centre exalté, douloureux du monde, et chaque goutte d’eau que balayait l’essuie-glace était un astre, la pluie oblongue que les phares semblaient engloutir était faite de millions d’étoiles, les autres phares, tout à l’heure, sur la grand-route, ces yeux glauques qui sortaient du néant et s’y précipitaient avec un grondement étaient, comme lui, des météores poursuivant leur course haletante dans l’infini.
» Vers 1928, le commissaire Maigret voit arriver au Quai des Orfèvres un jeune journaliste très sûr de lui, et même passablement arrogant, qui s’appelle Georges Sim. Et qui n’hésite pas à publier un peu plus tard, à grand renfort de publicité, un roman le mettant en scène, lui Maigret, sous son vrai nom !
Bien des années plus tard, devenu l’ami de Simenon, Maigret prend la plume à son tour, désireux de rectifier l’image que le romancier a donnée de lui et de son métier. Quitte à convenir, de plus ou moins bon gré, que la vérité romanesque n’est peut-être pas infidèle à la vérité tout court… Savoureux et ironique dialogue entre un personnage et son auteur, ces Mémoires de Maigret forment aussi un étonnant tableau du Paris louche de l’entre-deux-guerres, avec ses hôtels garnis, ses truands, ses prostituées, ses pickpockets, ses immigrés légaux ou clandestins.
» C’est une partie qui se joue, une partie qui n’a pas de fin. Une fois qu’on l’a commencée, il est bien difficile, sinon impossible, de la quitter » Qui parle, le romancier ou le commissaire ? Allez savoir ! «
À la gare de Poitiers, où elle avait changé de train, elle n’avait pu résister. Dix fois, traînant à bout de bras sa valise, que les gens accrochaient au passage, elle était passée devant la buvette. Le malaise, dans sa poitrine, était vraiment angoissant et, plus elle approchait du but, plus souvent cela la reprenait. C’était comme une grosse boule d’air – certainement aussi grosse qu’un de ses seins – qui montait vers sa gorge en comprimant les organes et cherchait une issue, cependant qu’elle attendait, anxieuse, immobile, le regard fixe, avec, à certain moment, la certitude qu’elle allait mourir.
C’était curieux : l’obscurité qui l’entourait n’était pas l’obscurité immobile, immatérielle, négative, à laquelle on est habitué. Elle lui rappelait plutôt l’obscurité presque palpable de certains de ses cauchemars d’enfant, une obscurité méchante qui, certaines nuits, l’attaquait par vagues ou essayait de l’étouffer.
Vous pouvez vous détendre.
Mais il ne pouvait pas encore remuer. Respirer seulement, ce qui était déjà un soulagement. Son dos était appuyé à une cloison lisse dont il n’aurait pu déterminer la matière et, contre sa poitrine nue, pesait l’écran dont la luminosité permettait de deviner le visage du docteur. Peut-être était-ce à cause de cette lueur que l’obscurité environnante semblait faite de nuages mous et enveloppants ?
Pour le coup de téléphone de sept heures, il n’y avait pas de doute : Marcel l’avait bien donné de son journal. Germaine venait à peine d’arriver au restaurant Franco-Italien, boulevard de Clichy, où ils avaient l’habitude de dîner et où ils se retrouvaient automatiquement quand ils ne s’étaient pas donné rendez-vous ailleurs. Ils y avaient leur table réservée, près de la fenêtre. Cela faisait partie de leur home.
Elle avait eu juste le temps de s’asseoir et de constater qu’il était sept heures moins trois minutes quand Lisette, la petite du vestiaire, qui la regardait d’un air si curieusement ému depuis qu’elle était mariée et qui avait tant de plaisir à l’appeler madame, s’était approchée.
Madame Blanc… c’est Monsieur qui vous demande au téléphone…
Elle ne disait pas M. Blanc. Elle disait monsieur, et elle prenait un air si complice que c’était un peu comme si ce monsieur eût été leur monsieur à elles deux.
Un tranquille petit-bourgeois, M. Bouvet, est mort sur les quais de la Seine, tandis qu’il feuilletait un livre à l’étalage d’un bouquiniste. Rien de suspect dans cette fin, mais, comme on ne lui connaît pas de famille, on publie tout de même sa photo dans la presse. Cette publication va provoquer une cascade de révélations successives, qui plongeront l’inspecteur Beaupère, chargé du dossier, dans une perplexité croissante. Comment s’appelait réellement M. Bouvet ? Et qui était-il ? Un aventurier américain, un truand parisien lié des décennies plus tôt aux milieux anarchistes ? Ou quelqu’un d’autre encore ?
Un billet anonyme, une perquisition, des dents humaines retrouvées dans un calorifère… Maigret n’hésite pas à incarcérer Steuvels, un relieur belge établi rue de Turenne. Mais qui a été tué ? Et pourquoi ? La presse s’empare de l’affaire. Liotard, le jeune avocat de Steuvels, soigne sa publicité. Et l’enquête piétine.
Cependant, Madame Maigret, en se rendant chez son dentiste, square d’Anvers, a lié connaissance avec une jeune femme italienne, accompagnée d’un enfant de deux ans. Le jour où celle-ci lui confie l’enfant durant deux heures, sans explication, elle s’ouvre à son mari. Or cette Gloria était au service d’une riche comtesse récemment assassinée à l’hôtel Claridge…
Et c’est finalement Madame Maigret qui va mettre son mari sur la piste. Une piste tortueuse qui, du Claridge au square d’Anvers, et du square d’Anvers à la rue de Turenne, le mènera à la vérité.
Qui pouvait vouloir tuer la vieille Valentine Besson, dont la servante, Rose, est morte d’avoir bu un verre d’eau destiné à sa patronne, et contenant des somnifères ? Maigret, appelé à faire la lumière sur ce meurtre, soupçonne un moment Arlette, la fille de Valentine, qui semble avoir une vie privée assez trouble avec son mari, Théo. Mais la cupidité ne peut être le mobile : la vieille dame ne possède plus que des copies de bijoux, répliques de la fabuleuse collection jadis constituée par son mari.
Sur ces entrefaites, Valentine abat d’un coup de revolver un « rôdeur » qui n’est autre que le frère de Rose. Pour Maigret, qui vient de découvrir une émeraude authentique, les pièces du puzzle commencent à s’assembler…
Dans une atmosphère de vacances balnéaires, ce sont de bien sombres mystères qui vont peu à peu être dévoilés par le sagace enquêteur.
En débarquant en auto-stop dans cette petite ville, Justin Ward sème le trouble dans la population. Mais de quoi Charlie, le cafetier, a-t-il peur, pourquoi cette haine entre deux hommes qui ne s’étaient jamais vus auparavant ?